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Le mentalisme : histoire d’un mot

Lecture ≈ 8 minMentalismeHistoire

Artiste de scène, chercheur, consultant ? Le mot « mentaliste » a changé de sens plusieurs fois en deux siècles. Ses définitions, son histoire en quelques dates, et la façon dont le Phénix Institut l’aborde : par l’observation, la communication et la démonstration.

Les définitions

Un mot, plusieurs sens

Ouvrez un dictionnaire de langue française : vous trouverez au mot « mentalisme » des définitions de psychologie, de philosophie ou de linguistique, qui désignent des théories accordant une place centrale aux états mentaux. Rien à voir, en apparence, avec l’artiste qui semble deviner le mot auquel vous pensez.

Dans l’usage courant, le mot a pris au moins trois sens, qu’il est utile de séparer :

  • Un art de spectacle : le mentaliste présente des effets qui donnent l’impression de capacités mentales extraordinaires (deviner un choix, retrouver un objet caché, anticiper une décision). Il s’appuie sur l’observation, la psychologie, la suggestion, et souvent sur des techniques d’illusionnisme.
  • Un ensemble de compétences humaines : observation fine, lecture du non-verbal, mémoire, influence par le langage, hypnose. Ce sont ces compétences qui intéressent l’institut.
  • Un courant de pensée historique de développement personnel, né aux États-Unis dans la seconde moitié du XIXe siècle, qui a popularisé le mot.

Une même démonstration peut mêler ces registres. C’est précisément pour cela qu’il faut savoir les distinguer.

Repères historiques

Petite histoire d’un mot

Ces repères résument les recherches du mentaliste Pascal de Clermont et d’autres mentalistes, publiées avec son accord. Nous l’en remercions.

Une première trace en anglais

Selon l’Oxford English Dictionary, cité par ces recherches, le mot mentalism apparaît chez C. M. Graham, en opposition au matérialisme : le « mentaliste » est alors celui qui privilégie l’esprit.

Un courant de développement personnel

Aux États-Unis, le mouvement de la « Pensée nouvelle » (New Thought) reprend le terme. Le livre de Victor Segno, The Law of Mentalism (1902), le diffuse largement.

Le « mentaliste » monte sur scène

La presse américaine annonce des spectacles de « mentalistes », comme celui de Pearl Tangley, « Egyptian Mentalist » (Trenton Evening Times, mai 1909). Le mot désigne alors pêle-mêle médiums, hypnotiseurs et artistes.

Le jargon des magiciens

Les revues de prestidigitation, comme The Jinx, emploient mentalism pour désigner des tours de « magie mentale » qui simulent des capacités extraordinaires.

Le grand public découvre le terme

Les émissions de radio de Joseph Dunninger popularisent le mot aux États-Unis. Dunninger s’était aussi fait connaître en dénonçant les procédés des faux médiums.

L’arrivée en France

La traduction française d’un ouvrage de prestidigitation, Les Merveilles de la prestidigitation (Payot), présente des « tours de mentalisme ».

Un retour au sens premier

Pascal de Clermont et le journaliste Pascal Colombani publient Mentalisme, ces pouvoirs que nous avons tous (Éditions Carnot).

Ne pas confondre

Observation, communication, spectacle

Ce petit historique montre surtout une chose : le même mot a désigné à la fois une pratique sincère, son imitation sur scène et des promesses de pouvoirs paranormaux. D’où la confusion actuelle. Pour s’y retrouver, nous distinguons trois registres.

L’observation

Repérer ce qu’une personne laisse paraître : sa posture, ses réactions, ses vêtements, ses objets, ses choix de mots. C’est le domaine du cold reading. Ces indices permettent des hypothèses souvent justes, parfois fausses, et jamais une certitude. Il est honnête de le rappeler : ces mêmes techniques ont longtemps été utilisées par de faux voyants pour convaincre leurs clients.

La communication

Guider l’attention, suggérer, influencer par le langage et le non-verbal : c’est le terrain commun du mentalisme et de l’hypnose. Il pose une question éthique centrale, celle du consentement. À l’institut, ces techniques s’utilisent avec l’accord des personnes et dans leur intérêt.

Le spectacle

Sur scène, le mentaliste construit des effets pour surprendre et faire réfléchir un public. Il peut s’appuyer sur ses compétences réelles, mais aussi sur la mise en scène ou l’illusionnisme. Le spectateur assiste à une démonstration, pas à la preuve d’un pouvoir.

Et le paranormal ?

Le mentalisme a longtemps côtoyé la recherche sur le paranormal, et l’ancien site de l’institut en parlait volontiers. Notre position est claire : le Phénix Institut n’enseigne ni la voyance, ni la télépathie, ni la « lecture des pensées », et ne présente aucun phénomène paranormal comme réel. Connaître les techniques du mentaliste sert d’ailleurs aussi à reconnaître les tricheries de ceux qui prétendent posséder de tels pouvoirs.

Un regard de praticien

Le mentalisme selon Raymi Phénix

Raymi Phénix est mentaliste et hypnothérapeute. Selon sa page Wikipédia, il présente le spectacle « Et si… ! » depuis 2006 et fait partie depuis 1993 d’un cercle de dix mentalistes français confirmés.

Pour lui, on ne devient pas mentaliste en achetant quelques tours de « magie mentale » : le mentaliste doit avoir étudié l’hypnose, la suggestion, la communication non verbale, la PNL et bien d’autres disciplines. Il privilégie les effets qui reposent sur ces compétences plutôt que sur un trucage. Il ne s’interdit pas pour autant, en spectacle, un procédé d’illusionnisme, par exemple pour en faire une métaphore.

Il apprécie le travail du mentaliste britannique Derren Brown, qui rappelle d’ailleurs à son public que ses effets reposent sur un mélange de psychologie, de suggestion, de mise en scène et d’illusionnisme, et non sur des pouvoirs.

Raymi Phénix en conférence

À l’institut

Le mentalisme au Phénix Institut

Le mentalisme n’est pas une technique unique mais un ensemble de compétences. C’est pourquoi l’institut le propose sous forme de plusieurs formations, qui peuvent se suivre séparément, de préférence après les bases de l’hypnose (Hypnose directe + et/ou indirecte) :

  • Cold reading : lire les indices du non-verbal, des objets et des vêtements, utile au mentaliste comme au praticien.
  • Covert hypnosis : l’hypnose conversationnelle, l’influence fine par le langage, avec une éthique du consentement.
  • Cumberlandisme : la lecture musculaire, qui permet par exemple de retrouver un objet caché en se laissant guider par les micro-mouvements d’une personne.
  • Tricheries sacrées : des démonstrations et métaphores physiques au service de l’induction ou de la séance.
  • Mentalisme : l’ensemble des disciplines du mentaliste professionnel, de la lecture à la scène.

Pour comprendre les bases de l’observation, lisez aussi notre article sur la communication non verbale.

Notre engagement. Dans nos formations comme dans nos démonstrations, le mentalisme est présenté pour ce qu’il est : de l’observation, de la communication, de la suggestion et de la mise en scène. Aucun pouvoir paranormal n’est revendiqué, et aucune technique n’est utilisée sur une personne sans son accord.

Pour aller plus loin

Se former sur ce sujet

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≈ 87 h · 1 500 €

L’ensemble des disciplines du mentaliste professionnel.

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Cold reading

≈ 33 h · 800 €

Observer et formuler des hypothèses justes à partir des indices.

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≈ 33 h · 800 €

La lecture musculaire : une technique exigeante de démonstration.

À lire aussi : La communication non verbale

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